Définition

Qu’est-ce que le biochar ?

Le biochar est un charbon végétal obtenu en chauffant de la biomasse à haute température avec très peu ou pas d’oxygène (pyrolyse ou gazéification), destiné à un autre usage que la combustion : sol, alimentation animale, litière, compost ou filtration.

C’est l’usage qui le distingue du charbon de bois : le charbon de bois se brûle, le biochar se garde. Son intérêt vient de sa structure poreuse, qui offre une très grande surface interne aux micro-organismes, à l’eau et aux nutriments, et de son carbone très stable, qui se dégrade sur des siècles plutôt qu’en quelques mois.

En bref

Matière premièreBiomasse sèche, surtout ligneuse : coques, noyaux, sarments, rémanents forestiers, résidus de taille, plantes invasives ligneuses.
ProcédéPyrolyse ou gazéification, en général entre 400 et 900 °C. La température change la porosité, le pH et la stabilité du biochar.
CoproduitsGaz de synthèse et chaleur, utilisables pour cuisiner, sécher, chauffer une serre ou de l’eau.
UsagesAmendement du sol, additif d’aliments fermentés, litière animale, accélérateur de compost, filtration d’eau et d’air.
ClimatUne partie du carbone capté par la plante reste stockée dans le sol pendant des siècles.
Cadre en EuropeCertification EBC (European Biochar Certificate) ; vente comme matière fertilisante sous le règlement UE 2019/1009.

Le biochar dans la hiérarchie des déchets

Le biochar correspond au niveau 4 de la hiérarchie de transformation des déchets organiques décrite par Paul Olivier : on ne carbonise que ce qui ne peut plus nourrir un animal (niveau 1), des larves et des vers (niveau 2) ou du compost (niveau 3). Carboniser des restes comestibles serait une perte.

Dans cette approche, le biochar est d’abord un coproduit de la chaleur : on gazéifie des déchets ligneux pour cuire, sécher ou chauffer, et le résidu carboné devient du biochar. Il circule ensuite dans les autres niveaux avant d’arriver au sol.

Biochar → aliments fermentés → déjections → larves et vers → compost → sol

Selon Paul Olivier, mettre du biochar directement dans le sol n’est pas toujours la meilleure option : passé d’abord par l’alimentation, la litière ou le compost, il arrive « chargé » en nutriments et en micro-organismes.

Questions fréquentes

Quelle différence entre biochar et charbon de bois ?
La fabrication est proche, l’usage diffère. Le charbon de bois est un combustible. Le biochar est conservé pour le sol, l’élevage ou la filtration, et sa production vise une qualité stable : peu de goudrons, porosité élevée, faible teneur en contaminants.
Le biochar est-il un engrais ?
Non. Le biochar seul apporte peu de nutriments. C’est un support : il retient l’eau et les nutriments et héberge les micro-organismes. On l’utilise donc « chargé », via un compost, un lombricompost, une litière ou de l’urine.
Combien de temps le biochar reste-t-il dans le sol ?
Une large part de son carbone persiste des siècles, voire plus selon la température de production. C’est pourquoi le biochar est reconnu comme une méthode de stockage durable du carbone.
Quelles biomasses utiliser ?
Les déchets bruns et ligneux qui se compostent mal : coques de noix et d’amandes, noyaux, sarments de vigne, rémanents, bois de taille, balles de riz, plantes invasives ligneuses. Jamais de déchets encore comestibles.
Le biochar peut-il filtrer l’eau ?
Oui. Sa surface poreuse capte une partie des polluants, des odeurs et de certains nutriments en excès comme le phosphate. L’efficacité dépend de la biomasse et de la température : elle doit être mesurée pour chaque gisement.
Peut-on en produire soi-même ?
À petite échelle, oui, avec un gazéificateur à tirage ascendant allumé par le haut (TLUD), qui produit à la fois de la chaleur propre et du biochar. Au-delà d’un usage domestique, une installation de pyrolyse relève en France de la réglementation ICPE.

Sources et références

  • Paul Olivier, Transformation des déchets en agriculture circulaire (présentation, version française).
  • European Biochar Certificate (EBC) — lignes directrices de certification du biochar.
  • Règlement (UE) 2019/1009 sur les fertilisants, catégorie de matériaux constitutifs n° 14 (matériaux issus de pyrolyse et de gazéification).